A une personne qui me posait récemment la question :

"Que pensez-vous des utilisateurs de FourSquare, utilisant le "Check-in" annonçant qu'ils se trouvent à un tel endroit à un moment précis. Peuvent-ils être considérés comme objets ?"

Je me suis permis la réponse suivante tant il est vrai que je n'avais jamais formalisé la vision que nous développons au sein de notre société, Business2Any :

"Très bonne question qui en amène une autre : « Internet of Things » est-il bien traduit quand il est dénommé « Internet des Objets » en Français ?

Ne devrait-on pas dire “Internet des choses”, terme a priori plus approprié ?

La première définition de « chose » (petit Robert) est : « terme par lequel on désigne tout ce qui existe et qui est concevable comme un objet unique (concret, abstrait, réel, imaginaire) ». La seconde est « réalité matérielle non vivante », il y en a d’autres...

Un objet est, lui, défini comme « toute chose – y compris les êtres animés – qui affecte les sens » ou bien « chose solide ayant unité et indépendance et répondant à une certaine destination » pour les deux première définitions principales.

Je ne cherche pas à entrer dans la bataille des labels : Internet des Objets, des choses, le Web 3.0, le Web symbiotique, le Web au cube, etc.

Ma définition de cet Internet, « organisation latente » qui émerge au sein de l’Internet actuel, pour reprendre un thème propre à l’analyse systémique, est qu’il s’agit d’un « Internet ou Web des acteurs » (ce qui est déjà le cas avec les humains dans le Web 2.0 par rapport au 1.0) mais où les objets inertes (au sens large) et plus généralement toutes les choses y deviennent également acteurs en ce sens qu’ils y deviennent des entités autonomes capables de comportements intelligibles.

Pour ce faire, on leur associe des avatars, entités logicielles, qui sont leurs doubles virtuels et qui pilotent leurs comportements intelligibles dans les chaines de valeurs, les processus dans lesquels ils sont engagés. La paire « objet ou chose physique / avatar » est considérée comme un CyberObjet qui évolue dans le cyberespace – l’espace cybernétique.

Un acteur autonome au sens cybernétique (source : B-ADSc) est :

  • encapsulé ; on peut le distinguer clairement des autres sans l'altérer. La cellule vivante, par exemple dispose d’une telle frontière – sa membrane – qui permet de distinguer son "dedans" de son "dehors".
  • de structure interne (ex : logicielle) déterminée, prédictible (c’est aussi le cas pour une cellule).
  • capable de s’autoréguler, ce en fonction des contraintes externes ou internes.
  • capable de communiquer avec les autres acteurs, son entourage (la notion « d’objets communicants » que l'on rencontre fréquemment dans les articles relatifs à l'Internet des Objets ne couvre que cette caractéristique…).
  • indépendant du point de vue de son métabolisme : il dispose de son propre pilote, son propre processeur, il peut se « mouvoir » par lui-même.

Selon cette définition, sur Internet, les humains, les cyberobjets, certains systèmes d’information sont des acteurs autonomes qui échangent, partagent, collaborent, etc. et à titre subsidiaire, pour faire tout cela… communiquent."

Et vous, amis lecteurs, qu'en pensez-vous ?... Philippe GAUTIER